Il y avait du temps de grand-maman
des fleurs qui poussaient dans son jardin
le temps a passé seules restent les pensées
et dans tes mains il ne reste plus rien
qui a tué grand-maman, est-ce le temps
où les hommes qui n'ont plus l' temps
d' passer le temps?
la la la la la la...
il y avait du temps de grand-maman
du silence à écouter
des branches sur les arbres, des feuilles sur les branches
des oiseaux sur les feuilles et qui chantaient
le bulldozer a tué grand-maman
et changé ses fleurs en marteaux-piqueurs
les oiseaux pour chanter ne trouve que des chantiers
est-ce pour cela que l'on te pleure?
qui a tue grand-maman, est-ce le temps
ou les hommes qui n'ont plus l' temps
d' passer le temps?
des fleurs qui poussaient dans son jardin
le temps a passé seules restent les pensées
et dans tes mains il ne reste plus rien
qui a tué grand-maman, est-ce le temps
où les hommes qui n'ont plus l' temps
d' passer le temps?
la la la la la la...
il y avait du temps de grand-maman
du silence à écouter
des branches sur les arbres, des feuilles sur les branches
des oiseaux sur les feuilles et qui chantaient
le bulldozer a tué grand-maman
et changé ses fleurs en marteaux-piqueurs
les oiseaux pour chanter ne trouve que des chantiers
est-ce pour cela que l'on te pleure?
qui a tue grand-maman, est-ce le temps
ou les hommes qui n'ont plus l' temps
d' passer le temps?
Ces paroles chantées par Michel Polnareff résument l’état de mon esprit qui a sombré dans une torpeur foudroyante. Mais parfois le silence remplit tellement plus que les mots. Le silence donne sens au mot. Ce silence Marc-Alain Ouaknin le définit comme vide. Lorsque j’ai lu ces lignes, je fus surprise. Comment les mots, le langage, la pensée sont-ils vides ? Comment est-ce possible de dire qu’un mot est vide de sens ? Tout simplement parce que je ne voyais pas les espaces entre les mots comme un vide mais comme un silence. Magie de l’herméneutique, je me réfugiais derrière le silence qui n’est finalement qu’un vide prêt à rebondir, à reprendre son souffle pour nous insuffler son nouvel air. Et la chanson reprend de plus belle. Le silence que j’écoutais ces derniers jours était une douleur annuelle, un fardeau que je traine chaque année : un deuil. Et aujourd’hui, poursuivant la lecture du livre d’Ouaknin , « Bibliothérapie », j’arrive à un passage où il fait mention de la fête que l’on fait à diverses occasions. Par exemple, on fait la fête à un mariage pour oublier la déprime de la vie de célibataire à laquelle on renonce non sans angoisse. Pour résumé, on fait la fête pour ne pas sombrer dans la déprime et permettre ainsi au vide de céder sa place pour un nouveau sens. Cette phrase m’a illuminée de bonheur tout comme les petites phrases de mes amis qui m’aident à remonter la pente raide du moral oscillant, yoyotant à certains moments. Alors faisons la fête entre nos silences, le vide rentre et part, le mot s’installe mais parfois il est bon de faire le ménage et de faire le vide pour non point nettoyer le mot mais lui trouver une nouvelle voie. Finalement hébraïque ou bouddhiste, le vide a son mot à dire.