Samedi 1er octobre. 27°degrés. Cossé-le-Vivien, non loin de Laval en Mayenne, nous pénétrons pour la seconde fois dans l’univers artistique de Robert Tatin. Peintre né en 1902 à Laval , de condition modeste, pratiquera de nombreux métiers. Son musée est à l’image de ce qu’il est devenu au fur et à mesure que s’écoulait sa vie. La Frénouse, son musée. Il l’a acheté en 1962, une ruine, et y résidera jusqu’en 1983 année de son décès, mais nous pouvons dire qu’il habite toujours les lieux. D’ailleurs ses restes reposent au pied de sa maison, de son univers. Si vous passez dans la région, ne manquez pas ce lieu qui ne peut vous laisser indifférent. La première fois que nous l’avons visité ce fut par une rare journée ensoleillé de ce mois d’aout, il était déjà 18h et le musée fermait ses portes à 19h. Les lueurs sur le site étaient splendides, mais j’avais oublié l’appareil photo. Et nous n’avions pas pu visiter sa maison, puisqu’elle ne fait qu’en visite guidée. Alors en cette belle journée d’octobre nous sommes retournés sur les lieux bénéficiant en plus des explications du guide. Son allée centrale avec ses étonnantes statues dont les deux qui me fascinent le plus sont le « verbe être » et le « verbe avoir ». Méditer le sens de ces deux verbes et observer la symbolique qu’il y a derrière, je ne vous en dis pas plus. Sa maison, complétement rénové de ses mains avec des idées originales dont les matériaux sont souvent de la récupération : poutres pour faire les chaises pesant chacune 17 kilos, la tommette posée sur le sol dont les joints sont faits en ciment et peints en noir. La cuisine, petite comme dans un appartement, pour ne pas dire coin mais fonctionnelle avec des barres et crochets de boucher pour suspendre les ustensiles et les paniers en osier ; Ikea n’a pas fait mieux. Ah oui ! important, quand vous pénétrez dans la maison, le temps s’est arrêté en 1983. Vous trouvez les objets qu’il avait ,des livres, à ses tubes de peinture et fusains en passant jusqu’au tube de dentifrice. Pourtant le lieu est plein de vie, ça grouille même de vie. Après la maison, vous pénétrez dans le patio avec une cour centrale où se trouve au milieu un bassin où nagent des poissons rouges. Le lieu forme une croix, non pas au sens religieux pour Robert Tatin, mais comme la rencontre des cultures : l’occident et l’orient. C’est la croisée des mondes. Le signe de la croix se retrouvent dans ses sculptures. Depuis cette cour très reposante, vous pénétrez dans différente salle où sont exposés ses peintures. Cet artiste, je ne le connaissais pas avant cet été et pourtant il a sa place dans ce monde. J’ai demandé au guide pourquoi il était méconnu et qu’on ne trouvait que peu de littérature à son sujet. « Inclassable ». Voilà sa condamnation. Ni art brut, ni surréaliste, les directeurs d’exposition ne savent pas dans quel type d’exposition le mettre. A cela ne devrions-nous pas leur répondre, faites donc une exposition des inclassables : Van Gogh, Tatin … Ils ne manquent pas ces artistes qui nous ont surpris et tant mieux si une étiquette ne leur colle pas la peau, n’est-ce point la preuve de leur universalité de leur art ?